Chaque fois que je passais rue de Rennes, je ne manquais jamais de frapper aux carreaux du vieil ami.

Un jour, en janvier 1901—il y avait quelques mois que nous ne nous étions rencontrés—je vis son grand fauteuil vide. J’entrai. L’ouvrière avait les yeux rouges...

—Qu’y a-t-il? demandai-je.

—Il y a... que Monsieur Privé est bien malade... Il est à la Charité.

J’y courus... Je trouvai Privé mourant.

Deux jours après, nous le conduisions au cimetière d’Issy, où il avait voulu reposer.

—C’est plein de fleurs par là, nous disait-il un jour qu’il nous faisait ses confidences... J’y serai très bien... Et puis, c’est tout près d’où nous nous sommes tant battus jadis... Il me semble que j’entendrai encore le canon de la Commune.

RANC

Septembre 1898. Au Radical. Depuis un quart d’heure, nous causons, Ranc[273] et moi, dans le couloir sur lequel donnent les salles de rédaction.

De quoi causons-nous? De ce qui fait, chaque fois que nous nous rencontrons, le sujet de nos conversations.