DOMBROWSKI
A maintes reprises, pendant nos longues causeries sur les derniers jours, Brunereau m’avait conté, à Genève, la scène tragique des funérailles du général de la Commune, le mercredi 24 mai au Père-Lachaise.
Là-haut, sur la plate-forme où, depuis la veille, tonnaient les pièces fédérées, les canons s’étaient tus.
Les artilleurs, les servants, les combattants des alentours, tous, avaient quitté leur poste, pour venir embrasser une dernière fois le chef héroïque, blessé à mort, la veille, à la barricade de la rue Myrrha et de la rue des Poissonniers, porté à Lariboisière expirant, reconduit, mort, à l’Hôtel de Ville, d’où, la nuit, à la lueur des torches, il avait été enlevé sur une civière.
Le cadavre avait été, par les soins de Brunereau, mis en bière, revêtu de son uniforme, et enveloppé dans un drapeau rouge.
Vers quatre heures, au moment même, où, sur la place Voltaire, allait se dérouler le premier acte de la tragédie des otages, le corps de Dombrowski avait été, après un adieu poignant de Vermorel, déposé dans un caveau.
Où?
Les restes de Dombrowski étaient-ils toujours là où ils avaient été déposés?
Avaient-ils été enlevés?
Transportés autre part?