[39] Duval (Emile-Victor), membre de la Commune (13e arrondissement), fusillé le 4 avril, au Petit-Bicêtre, sur ordre du général Vinoy.

[40] Lors de la publication de ce récit dans l’Aurore (mai 1902), je reçus de mon vieil ami et camarade de proscription Gouhier, membre du Comité central du 18 Mars, ancien combattant de Juin, alors (1907) âgé de près de quatre-vingts ans, et qui finit ses jours à la maison municipale de retraite de Brévannes—ces communards se sont tous fait des rentes!—la note suivante:

«... J’ai vu de près, m’écrivait Gouhier, l’affaire du capitaine de Beaufort. Je me trouvais avec son cousin, notre infortuné Edouard Moreau, et Gaudier, à la porte du Conseil de guerre (la cour martiale de la rue Sedaine), et j’appris de Moreau, qui y était entré et qui venait d’en sortir, que Beaufort était perdu. Je voulais à toute force pénétrer dans la salle, pour essayer de tirer de là Beaufort, étant connu moi-même dans le onzième arrondissement, et très lié avec Genton. Mais Moreau m’entraîna, et nous nous rendîmes ensemble, pour y retrouver Grêlier, avec qui nous avions rendez-vous au sujet de l’intendance, chez un frère de ce dernier, qui demeurait tout près. De là nous entendîmes les coups de feu.»

La note de Gouhier confirme que Beaufort était parent d’Edouard Moreau.

On sait qu’Edouard Moreau fut l’un des membres les plus actifs du Comité central. C’est à Edouard Moreau que fut confiée la rédaction des proclamations adressées au peuple de Paris, après la victoire du 18 Mars.

Arrêté le jeudi 25 mai, conduit à la cour martiale du Châtelet, Edouard Moreau fut fusillé à la caserne Lobau.

La parenté d’Edouard Moreau et de Beaufort explique l’adhésion de ce dernier à la Commune, et détruit cette légende d’espionnage dont on avait injustement flétri la mémoire du capitaine fusillé place Voltaire.

Gaudier et Grêlier, dont il est question dans la note ci-dessus, faisaient partie, comme Edouard Moreau et Gouhier, du Comité central.

[41] Le jury d’accusation, convoqué tardivement, toujours dans l’attente d’une solution pacifique, ne siégea pour la première fois que le 19 mai. Voir, à ce sujet, la conversation entre Raoul Rigault et maître Rousse, bâtonnier des avocats, défenseur de Gustave Chaudey, reproduite dans Leçons du 18 mars, d’Edmond de Pressensé, page 157.

[42] Les otages arrivés le lundi soir à la Roquette avaient été enfermés dans les cellules de la quatrième section (1er étage du bâtiment de l’Ouest). Les otages arrivés le mardi furent enfermés dans les cellules de la troisième section (1er étage des bâtiments de l’Est); au deuxième étage étaient les gardes de Paris, les gendarmes et sergents de ville.