Razoua tenait son récit d’un réfugié qu’il désigne sous le nom d’Armand, et que j’ai connu comme lui, à Genève. Cette version de la mort de Jecker, exacte dans ses grandes lignes, Razoua l’orna d’un cadre élégant, mais parfois inexact. Armand, de son côté, la tenait très probablement de l’un des cinq qui allèrent, le vendredi matin, prendre Jecker à la Roquette, car lui-même ne faisait pas partie de ce groupe.

Ces cinq sont: Clavier, commissaire de police du quartier Picpus-Bel-Air; Liberton, commandant du 275e bataillon; G., capitaine d’armement du 275e; B. et M., secrétaire du commissariat.

Clavier et Liberton sont morts. Les trois autres vivent et il m’est impossible de les désigner ici autrement que par des initiales.

[79] Adolphe Baudoin qui, au moment où éclata le 18 Mars, était sous-officier d’artillerie de l’armée, fut fusillé à Satory le 6 juillet 1872. Théophile Baudoin mourut au bagne de l’île Nou.

[80] Geresme (J.-B.), membre de la Commune du 12e arrondissement.

[81] Pour suivre ce récit, il est indispensable de se reporter à une carte du Paris de 1871. Ici, par exemple, le lecteur ne comprendrait pas, sans consulter une carte, pourquoi, pour atteindre les hauteurs de Ménilmontant, on passe par la rue des Partants. Cette rue, ce «chemin», comme on disait alors, était la seule voie d’accès à ces hauteurs. L’avenue Gambetta, qui longe le côté nord du Père-Lachaise, n’a été percée que plus tard.

[82] Dans le récit des Droits de l’Homme, c’est Clavier, désigné sous le nom de «l’homme», qui apporte de la mairie l’ordre de fusiller Jecker. C’est une erreur. Clavier n’est pas monté à la mairie, et il n’y a eu aucun ordre, ni de la Commune, ni de quiconque.

[83] Dans tout ce récit, nous désignons Jecker sous l’appellation de banquier mexicain. J.-B. Jecker, dont le nom était devenu célèbre à la suite de ses opérations financières au cours de la campagne du Mexique, était d’origine suisse, né en 1810 à Porrentruy (canton de Berne).

[84] Lissagaray se trompe, lui aussi, quand dans son Histoire de la Commune (édition Dentu), il dit que Jecker fut conduit à la mort par Genton, François, Bo... et Cl... Ces deux derniers faisaient bien partie des cinq, mais ni François ni Genton, n’étaient là.

[85] Ici, comme partout, j’enregistre purement et simplement ce qui s’est dit. G... m’a affirmé que telles avaient été les paroles de François, mais qu’il n’ajoutait aucune foi à son dire.