L’archevêque de Paris à M. Lagarde, son grand-vicaire.
M. Flotte, inquiet du retard que paraît éprouver le retour de M. Lagarde, et voulant dégager, vis à vis de la Commune, la parole qu’il avait donnée, part pour Versailles à l’effet de communiquer son appréhension au négociateur.
Je ne puis qu’engager M. le grand-vicaire à faire connaître au juste à M. Flotte l’état de la question, à s’entendre avec lui, soit pour prolonger son séjour de vingt-quatre heures, si c’est absolument nécessaire, soit pour rentrer immédiatement à Paris, si c’est jugé plus convenable.
De Mazas, 19 avril 1871.
G... archevêque de Paris.
Flotte n’alla pas lui-même à Versailles. Ce fut le jeune fils de madame Antoine (sœur de Blanqui) qui s’y rendit, porteur du billet de rappel de Monseigneur Darboy.
Quand Antoine se présenta au domicile de l’abbé Lagarde—je tiens de lui-même ces détails qu’il me donna dès son retour de Versailles—il lui fut répondu que le vicaire-général était en conférence et qu’il lui était impossible de se déranger.
Antoine fit remettre à Lagarde le billet de l’archevêque. Quelques minutes après, un domestique lui rapportait un chiffon de papier sur lequel le grand-vicaire avait transcrit au crayon, cette réponse laconique mais claire:
M. Thiers me retient toujours ici, et je ne puis qu’attendre ses ordres, comme je l’ai plusieurs fois écrit à Monseigneur. Aussitôt que j’aurai du nouveau, je m’empresserai d’écrire.
Lagarde.