A dater de ce jour, Lagarde ne donna plus signe de vie. Quand il revint sain et sauf à Paris, l’archevêque son maître était tombé sous les balles de la Roquette.

[198] Glaser mourut en janvier 1871, victime de l’épidémie de petite vérole qui sévit en ces jours déjà si lugubres. Nous le conduisîmes au cimetière Montparnasse. Pendant que l’un de nous prononçait, sur le bord de la fosse, quelques paroles d’adieu au vaillant camarade (Glaser était capitaine dans un bataillon de marche de la garde nationale), un obus éclata tout près au milieu des tombes.

[199] L’insurrection n’est point encore, à cette date du 1er mars, maîtresse de Paris. Mais nous sommes, depuis la capitulation, en pleine ville révoltée.

[200] Les statues étaient encore voilées de noir en avril. Le Père Duchêne numéro 36 du 1er floréal (20 avril) demande que ces voiles soient enlevés:

«Ça n’est plus un voile noir qu’il faut mettre aux bonnes villes de France,
«C’est un drapeau rouge qu’il faut leur foutre dans la main!»

[201] La pension Laveur, où fréquentaient Courbet, Pierre Dupont, Vallès, tant d’autres, était installée, au no 7 de la rue des Poitevins, dans l’ancien hôtel de Thou-Panckouke. Le percement de la rue Danton la fit disparaître en 1896. Un petit-neveu de Laveur a transporté la maison rue Serpente.

[202] Voir la reproduction de cette carte dans l’album Guerre, Invasion et Commune, d’Armand Dayot, page 283.

[203] Ce tableau de Daubigny, la Moisson, a été transporté en 1907 au Louvre.

[204] De temps immémorial, «l’astronome» de la place Vendôme avait installé sa lunette sur le trottoir qui encercle la grille du monument. Pour une maigre rétribution, il décrivait aux amateurs les spectacles du ciel. La lunette était restée là pendant le siège et pendant la Commune.

[205] La Victoire ailée, qui reposait sur la dextre de César, disparut, comme elle avait déjà disparu (pas la même) en 1814. Ses traces ne sont point encore retrouvées. Le musée Carnavalet possède dans ses vitrines un tout petit morceau du monument brisé le 16 mai. Je connais deux autres échantillons, dont l’un est une tête de soldat arrachée aux frises. L’autre, plus considérable, est l’un des quatre boulons qui vissaient, sur la calotte supérieure, le César jeté bas par la Commune. Ce boulon, qui était, en 1895, entre les mains de mon ami J.-B. D..., fut scié par lui en trois morceaux. L’un de ces trois morceaux me sert de presse-papier.