[206] Reclus (Élisée), géographe. Auteur de la Géographie universelle. Simple garde national, il fut fait prisonnier au plateau de Châtillon (4 avril). Condamné à la déportation. Commué en bannissement. Né en 1830. Mort en 1905.—Son frère Reclus (Elie), auteur des Primitifs, nommé par la Commune directeur de la Bibliothèque nationale (30 avril). Né en 1827. Mort en 1904.
[207] Journalistes, peintres, poètes même, criaient haro sur le grand artiste. Dans une plaquette de 12 pages: Sauvons Courbet!, éditée chez Lemerre, M. Emile Bergerat s’écriait:
Qu’il vive! extasié devant son ombilic!
Les pouces sur le ventre, à la façon des Carmes!
Qu’on l’engraisse! et qu’ouvert nuit et jour au public,
Il crève de vieillesse entre quatre gendarmes!
Et le naïf géant qu’était Courbet s’affolait, à la lecture de ces généreuses productions!
[208] A l’audience du 14 août 1871 (procès des membres de la Commune), Courbet répondant à une interrogation du président, exposait ainsi son projet de déboulonner la colonne et de la réédifier aux Invalides:
Le président.—Il paraît que la colonne Vendôme vous était particulièrement désagréable. Dès le 14 septembre (1870), vous en demandiez la démolition.
Courbet.—... Pour moi, cette colonne obstruait. Un individu n’a pas le droit d’entraver la circulation. Cette colonne était mal placée... Moi je ne considérais la chose qu’au point de vue plastique. Je n’avais aucune haine contre la colonne, puisque mon oncle a été un des officiers du premier Empire; mais je voulais la mettre ailleurs, où elle fut mieux en vue. Je voulais la déboulonner. Si vous aviez fait attention, au point de vue de l’art, à cette colonne, vous auriez été de mon avis. C’était une mauvaise reproduction de la colonne Trajane. C’était de la sculpture comme un enfant en ferait. Pas de perspective. Rien. Les figures sont absolument grotesques.
Le président.—C’est alors un zèle artistique, tout simplement, qui vous poussait à en vouloir à cette colonne.
Courbet.—Tout simplement. Sur la place Vendôme c’était une prétention malheureuse d’œuvre d’art qui faisait rire les étrangers. Aux Invalides, c’était autre chose. C’était un souvenir militaire qui n’avait pas besoin d’être artistique.
[209] Gaillard (Napoléon). Cordonnier. Orateur connu des réunions publiques. Nommé par Rossel colonel directeur des barricades (1er mai).