[250] Bellenger se trompait. Humbert était caché aux Batignolles, rue Truffault. Dénoncé par le concierge (15 juin), il fut conduit au commissariat de police voisin, où un agent le reconnut. Humbert protesta. Mais on découvrit chez les braves gens qui lui avaient donné asile une lettre adressée le matin même par sa mère. Madame Humbert demeurait 14, rue Soufflot. On y conduisit le prisonnier. Quand elle vit son fils, la pauvre mère se jeta dans ses bras. Humbert était perdu. On l’emmena dans un fiacre, d’où il s’échappa. Il fut repris à l’Odéon. A Versailles, il fut reçu par le fameux commissaire Clément, celui que nous appelions sous l’Empire le «vieux mouchard».—Je vous attendais, dit ironiquement Clément quand il se trouva en face d’Humbert. On sait qu’Humbert fut, le 21 novembre 1871, condamné aux travaux forcés à perpétuité par le conseil de guerre.
[251] Des trois rédacteurs du Père Duchêne, deux furent condamnés à mort par contumace: Vermersch et moi. Le troisième, Alphonse Humbert, présent, fut condamné aux travaux forcés à perpétuité. Il fit ses huit années de bagne. Je les aurais certainement faits comme lui. (Procès du Père Duchêne devant le conseil de guerre, audiences des 20 et 21 novembre 1871).
[252] Razoua, arrêté le 17 juillet, fut remis en liberté dans les derniers jours d’août, le gouvernement français n’ayant fourni aucune preuve à l’appui de sa demande d’extradition. Voir pour détails, la Proscription française en Suisse par A. Claris. Genève, 1873. Bibliothèque nationale Lb57, 1702.
[253] Brunereau (Louis), ancien délégué à la commission du travail du Luxembourg en 1848, chef du 117e bataillon sous le siège, du 228e après le 18 Mars.
[254] Gambon (Ferdinand), membre de la Commune (10e arrondissement), ancien représentant du peuple à la Constituante (1848), député à l’Assemblée nationale (1871). Membre du Comité de Salut public (10 mai).
[255] Martelet, membre de la Commune (14e arrondissement). Représenta la Commune aux obsèques de Pierre Leroux.
[256] Legrandais, chef de bataillon après le 18 Mars. Plus tard, conseiller municipal du quartier Clignancourt (Montmartre).
[257] Le Rappel du 10 février 1870 raconte ainsi son arrestation: «M. Bazire, rédacteur à la Marseillaise, a été arrêté à deux heures sur le quai de l’Orangerie. L’empereur se promenait sur la terrasse. Le citoyen Bazire a levé son chapeau et crié: Vive la République! Des agents se sont jetés sur lui et l’ont arrêté sur le champ.»
[258] Nina Gaillard, dite Nina de Villars, musicienne et poète. Femme séparée d’Hector de Callias, journaliste, frère du peintre Horace de Callias. Nina avait ouvert, dans son appartement de la rue Chaptal, un salon littéraire, artistique et bohème où fréquentaient, à coté de poètes et d’artistes, des révolutionnaires comme Raoul Rigault et d’autres. Prise de peur après la répression versaillaise, elle s’enfuit à Genève. Elle y donna des concerts de musique classique, où elle se faisait présenter sur la scène par l’ancien membre de la Commune, fusionnien, Babick, vêtu d’une redingote à la polonaise, boutonnée jusqu’au col, bottes montantes, et ceinture rouge à la taille. Le public genevois, effaré, déserta vite. Quand elle fut rassurée, Nina retourna à Paris, où elle s’installa, avec sa mère, rue des Moines, aux Batignolles, son salon toujours ouvert. On y rencontrait Charles Cros, le musicien Cabaner, Ghys, Catulle Mendès, Bazire, etc.
[259] Massol (Léon), ingénieur. Il s’adonna plus tard aux études pasteuriennes. Membre du Comité de l’Institut Pasteur, il mourut en décembre 1909 directeur du laboratoire de bactériologie de l’Université de Genève, qu’il avait créé.