Un de mes amis, qui fit huit ans de bagne, voyait, de la fenêtre de la maison où il s’était réfugié, passer les lugubres cortèges. Des blessés, pris aux ambulances, étaient attachés sur des cacolets. On les descendait au marché, et la fusillade les achevait...

le compte des morts

Maxime du Camp, le comptable officiel de cet effroyable massacre, évaluant cette montagne de cadavres, fixe à six mille le chiffre des morts.

Au cimetière de Charonne, il lit cent trente-quatre morts inscrits sur le registre d’entrée. Ce n’est pas cent trente-quatre, on vient de le voir, mais huit cents qu’il devait lire.

Ce n’est pas six mille fusillés que compte la Semaine infâme. C’est, de l’aveu du général Appert, dix-sept mille.[26]

Vingt mille. Plus encore peut-être!

Qui le saura jamais?

UN PEU DE VÉRITÉ
SUR LA MORT DES OTAGES


L’ARCHEVÊQUE