Ces précieux autographes avaient été remis à Flotte par l’archevêque, en vue de la publication, dans l’Officiel de la Commune, d’un récit des négociations entamées avec Versailles. Ce récit a paru, sous ma signature, dans l’Officiel du 27 avril 1871. On pense bien que je n’avais pas donné «à la composition» les précieux originaux qui m’avaient été confiés.

Quelques heures avant l’attaque du Panthéon, je courus chez Flotte, qui demeurait rue de la Huchette. Ses entrevues avec Thiers le mettaient à l’abri de toute poursuite. Je lui confiai les lettres de l’archevêque, pour qu’il me les conservât jusqu’à des jours moins périlleux.

Le lendemain, j’étais arrêté. Je ne revis plus Flotte, qui retourna en Amérique, revint en France et mourut dans son pays natal, dans le Var.

J’ignore en quelles mains sont aujourd’hui les lettres du prélat fusillé à la Roquette.

et notamment l’archevêque

Fortin retourna donc à la mairie. Il fit part à Ferré des exigences des hommes restés à la prison.

Ferré, sans mot dire, reprit des mains de Fortin l’ordre d’exécution déjà signé pour six otages non désignés, et de son écriture régulière d’ancien clerc, ajouta au bas, en travers, cette mention, qui était l’arrêt de mort définitif du prélat:

Et notamment l’archevêque.

Fortin redescendit rapidement les degrés, traversa en courant la place et la rue de la Roquette. Il entra à la prison avec Genton, qui l’avait accompagné, et un officier fédéré, Benjamin Sicard.[53]

Genton et Fortin avaient rencontré Sicard au coin de la rue des Boulets.