Fortin, qui était au pied des marches quand les otages se présentèrent à la grille, ne quitta pas des yeux l’archevêque jusqu’au mur fatal.

—C’est après avoir descendu ces marches, me dit-il, que l’archevêque, se tournant vers nous, dit d’une voix faible: «Et cependant j’ai écrit à Versailles.» Il faisait allusion aux lettres qu’il avait adressées à Thiers pour l’échange des prisonniers. Personne ne souffla mot. Je suivis le peloton. Je n’ai plus rien entendu. J’étais très près d’eux.

A l’extrémité du chemin de ronde intérieur, le cortège se heurta contre une grille qui donne accès au deuxième chemin de ronde, le chemin dit extérieur, dont le mur sud longe la rue de la Vacquerie.

C’est au bout de ce chemin que devaient tomber les six otages.

la fusillade

Quand on eut atteint le fond de l’allée, le peloton s’arrêta.

Sicard se plaça à l’angle du mur.

A côté de lui, Fortin. Derrière eux, le peloton des exécuteurs. Une trentaine d’hommes armés. Tout au fond, François, qui avait rejoint le groupe sans avoir suivi le cortège, et Genton.

Les six otages étaient allés, sur un signe de Sicard, se placer au pied de la muraille qui faisait face aux exécuteurs.

Tout près de Sicard, le premier du rang, le pompier casqué. Puis un fédéré, Lolive,[56] et, un peu plus loin, Mégy, le mécanicien du Creusot.