Le père de Tatobam était le Sachem Wopegwosit. Le père d'Uncas était Noncho. Sa mère et sa grand-mère s'appelaient toutes deux Mukkunump; la dernière était fille de Oueroum, puissant Sachem des Narraghansetts, et de Kiskechoowatmakunk, princesse Pequot. Un de ses aïeux, Sachem des Pequots, se nommait Nucquuntdovaus. Le fils d'Uncas s'appelait Onechocomme, son grand-père et ses descendans se sont appelés Ben-Uncas.


DISCOURS DE MINAVANA
SACHEM CHIPPEOUAIS, LIEUTENANT DE PONTHIAC

Anglais, c'est à toi que je parle, et je demande ton attention. Anglais, tu sais que le grand Ononthio est notre père. Il nous a promis de l'être, et en retour, nous lui avons promis d'être ses enfans; nous tenons notre parole.

Anglais, c'est toi qui as fait la guerre à notre père; tu es son ennemi. Comment donc as-tu ôsé venir au milieu de ses enfans?

Anglais, nous savons que notre père est vieux et infirme; qu'étant fatigué de faire la guerre à ta nation, il s'est laissé tomber assoupi. Durant son sommeil, tu l'as battu et tu as mis en fuite ses jeunes gens; mais il va s'éveiller. Je crois le voir se remuer déjà, et s'informer de ses enfans: il s'éveille, et qu'allez vous devenir!

Anglais, quoique tu aies vaincu Ononthio, ses enfans ne dorment point; ils ne sont pas tes esclaves. Ces lacs, ces montagnes et ces bois nous ont été laissés par nos ancêtres, et nous ne les partagerons avec personne. L'Anglais croit que nous ne pouvons vivre sans pain et sans viande: ignore-t-il donc que le maître de la vie nous a donné de la nourriture dans ces lacs spacieux?

Anglais, notre père employait nos jeunes gens à faire la guerre contre ta nation. Plusieurs ont été tués, et c'est notre coutume d'apaiser les morts. Ils peuvent être satisfaits de deux manières, ou par le sang de la nation qui les a tués, ou en les couvrant, pour essuyer les larmes de leurs amis.

Anglais, ton roi ne nous a fait aucuns présens, il n'a fait aucune alliance avec nous; nous n'avons d'autre père que le Grand Ononthio. Pour toi, nous savons que tu es venu ici croyant que nous ne te ferions pas de mal. Tu viens nous apporter les choses dont nous avons grand besoin. Nous te regardons donc comme un de nos frères, et comme une marque de notre amitié, nous te présentons le calumet à fumer.