LETTRE DE MUSHULATUBA
CHEF DE VINGT-CINQ MILLE CHOCTAS AUX ELECTEURS DU MISSISSIPI.
Concitoyens,--J'ai combattu pour vous, et par un acte de votre propre volonté, je suis devenu citoyen de l'état: ja suis propriétaire, je suis enfant de la nature. On m'a dit que le titre de citoyen romain servait autrefois de passeport pour parcourir de l'univers. Je suis d'après vos lois citoyen américain, citoyen de la république représentative la plus pure et la plus grande qui ait jamais existé. J'ai été chasseur dans ma jeunesse; guerrier dans l'âge mûr: j'ai toujours combattu pour l'avantage de la république. Je n'ai plus assez de force pour soutenir les fatigues de la chasse, et mon bras est trop faible pour supporter le poids de l'arc et des flèches. Lorsque je vivais dans l'état de nature, je n'aspirais qu'à me reposer dans l'ombre, et je n'avais d'autre espoir que celui d'être enseveli sous la même terre qui couvre mes ancêtres; mais vous avez éveillé en mois de nouvelles espérances, et vos lois ont fait luire à mes yeux une perspective brillante. Je ne connais pas d'homme qui puisse avoir souffert plus que moi: que ce soit vous ou moi, le temps devra le révéler. Mes frères blancs m'ont assuré que le burin de l'histoire est impartial, et que dans la suite des temps, notre race abandonnée obtiendra justice et sera épargnée. Ceci, concitoyens, est un langage simple. Ecoutez, car je vous parle avec candeur. Je crois, d'après vos lois, être qualifié pour occuper une place dans le conseil de cette puissante république, dont le Mississipi forme une partie inhérente; et je ne le cède à aucun autre citoyen en ce qui concerne la dévotion aux lois et à la constitution du pays. Si après avoir pesé mes prétentions et les avoir comparées avec celles des candidats qui me seront opposés, vous vous prononcez en ma faveur, je vous servirai. Je n'ai d'animosité contre aucun de mes frères blancs qui entreront dans les rangs avec moi, mais je vous déclare sincèrement que je désire réunir vos suffrages à l'élection prochaine d'un représentant au Congrès.
(Signé,) MUSHULATUBA.
Nation des Choctas, 1 Avril, 1930.
ANECDOTE D'UN CHEF PANI
Il y a peu d'années, les Panis étaient en guerre avec une tribu éloignée. Dans une incursion, un parti de leurs guerriers enleva une jeune fille, et les anciens la condamnèrent au feu. Le bucher fut allumé dans une vaste plaine près des villages. La flamme s'élevait déjà vers le ciel, lorsque Petalesharï, le jeune Chef de guerre, parut menant deux chevaux, et s'élança vers le bucher. Il rompit les liens de la victime toute tremblante, la mit sur un de ses chevaux, et s'éloigna avec elle avant que ses compatriotes ne revinssent de leur stupeur. Il remit la jeune fille sur le territoire de sa tribu, et vint à Washington où les Dames de la ville le fêtèrent, et le surnommèrent le Brave Pani. L'artiste Neale a peint le portrait du père de cet intéressant jeune homme; il se trouve dit-on dans un un des volumes de l'Histoire Naturelle de M. Godman.
Lors de la visite de Lord Elgin et de sa noble épouse à Toronto, leurs Excellences reçurent la visite de Shinguaconse, Grand Chef des Chippeouais riverains des lacs Supérieur et Ontario. Il était accompagné de son fils, de deux autre Chefs, et du Révérend William McMurray, et présenta au lieu de lettres de créance, un petit livre rempli de figures, qui sont les armes de quarante-quatre Chefs, qu'il représente dans cette ambassade. L'objet de la députation est de demander le payement des terres de Saugeen, cédées sous Sir F. B. Head. Il n'y a pas à douter que cette visite n'ait été parfaitement du goût du comte d'Elgin. Son Excellence a donné un concert au Sachem, qui a été aussi satisfait de sa dernière réception, qu'il l'avait été de celle que lui fit il y a quelques années le Lord Seaton. Shinguaconse paraît déjà bien vieux, il est de taille moyenne, et a une fort grosse tête. Il fait preuve d'une intelligence peu ordinaire.
ETIWANDO--A BALLAD
BY JOHN TOMLIN
(Extracts.)