JUBILÉ. Les Mexicains avaient une espèce de jubilé, de quatre en quatre ans, durant lequel ils croyaient obtenir le pardon de leurs fautes. Des jeunes gens des plus lestes et des plus vigoureux se défiaient à la course. Il s'agissait de monter sans reprendre haleine, au sommet d'une montagne, où était bâti le Temple de Tescalipuca, dieu de la pénitence. Celui qui arrivait le premier recevait les plus grands honneurs, et le privilège d'enlever les viandes sacrées.
KICHTAN, l'être suprême, selon les premiers sauvages de la Nouvelle Angleterre, a créé le monde et tout ce qu'il contient. Après la mort, les hommes vont frapper à la porte de son palais. Il reçoit les bons; mais il dit aux méchans: Retirez-vous, il n'y a point ici de place pour vous.
KITCHI-MANITOU, déité des sauvages du Canada, à laquelle ils attribuaient tout le bien. V. Matchi-Manitou.
KIWASA, dieu des Virginiens. Ils le représentaient avec un calumet, auquel ils mettaient le feu. Un prêtre, caché derrière l'idole, aspirait le tabac, è la faveur de l'obscurité dont il s'environnait. Kiwase apparaissait quelque fois, en personne, à ses adorateurs, sous la figure d'un bel homme, avec, sur un côté de la tête, une touffe de cheveux qui lui descendait jusques aux pieds. Il se rendait au Temple, y fesait quelques tours dans une grande agitation, et retournait au ciel, quand on lui avait envoyé huit prêtres pour savoir sa volonté.
KUPAY, nom du démon chez les Péruviens. Quand ils prononçaient ce nom, ils crachaient à terre en signe d'exécration.
LAÏCA, nom de fée au Pérou. Elle était bienfaisante, au lieu que la plupart des magiciens se plaisaient à faire du mal.
LUGUBRE, oiseau du Brézil dont le cri funèbre ne se fait entendre que la nuit, ce qui le fait respecter des naturels, qui s'imaginent qu'il est chargé de leur porter des nouvelles des morts. Léry, voyageur français, raconte, que passant par un village, et ayant ri de l'attention avec laquelle ils écoutaient les cris de cet oiseau, un ancien lui dit rudement: Tais-toi, et ne nous empêche point d'entendre les nouvelles que nous font annoncer nos grands-pères.
LUNE. Les Péruviens regardaient la lune comme la mère de leurs Incas. Ils prétendaient aussi que les marques noires que l'on aperçois en elle, lui ont été faite par une renard, devenu amoureux d'elle, et qui, ayant monté ciel, l'embrassa si étroitement, qu'il lui fit ces taches à force de la serrer.
MAMACOCHA, sous ce nom les Péruviens adoraient l'Océan. Acosta apud Noël.
MANCO-CAPAC, législateur et dieu de ces peuples. Manco et sa femme étaient les enfans du soleil. Cet astre les ayant chargés d'instruire et d'humaniser les Péruviens, ils se mirent en route, et se guidèrent au moyen d'une verge d'or. Arrivés dans la vallée de Cusco, la verge s'abyma en terre, d'où ils conclurent que ce lieu devait être le siège de l'empire. V. Pacha-camac.