Non, Oureouaré chérit sa nation, etc.
Les poëtes ont des licences.
Ce qu'il y a de plus surprenant, c'est que les Iroquois aient bien voulu le recevoir avec eux. Il profita d'une nouvelle députation de sa tribu, pour retourner dans son pays natal, et il y servit encore les Français. Au mois de Septembre 1696, il revint dans la colonie avec un nombre de prisonniers qu'il avait délivrés, et des députés des Cantons de Cayougué et d'Oneidé. Quoique le comte de Frontenac eût désiré d'avantage, la considération qu'il avait pour Houreouaré l'engagea à bien recevoir l'ambassade. Il voulut que les Chefs du Nord et de l'Ouest qui se trouvaient à Montréal fussent présens à l'audience qu'il lui donna. Houreouaré mourut à Québec l'année suivante, d'une pleurésie qui l'emporta en peu de jours. Le prêtre lui parlant, durant sa courte maladie, des opprobres et des ignominies de la passion de Notre Seigneur, il entra, dit-on, dans un si grand mouvement d'indignation contre les Juifs, qu'il s'écria: «Que n'étais-je là, je les aurais bien empêchés de traiter ainsi mon Sauveur.» Il fut enterré avec tous les honneurs militaires, en présence de son noble ami, qui fit aux sauvages un éloge touchant de celui qui avait eu une si grande part à ses glorieux travaux.
Il fallait, dit Charlevoix, que ce Chef eût dans le caractère quelque chose de fort aimable; cart toutes les fois qu'il paraissait à Montréal ou à Québec, le peuple lui donnait mille témoignages de sympathie. Les vers suivans contiennent le même éloge:
Qui mérite d'être admiré,
Par un coeur tendre, une âme pure,
Par tous les dons de la nature?
C'est Oureouaré;
Qui se donnant aux siens comme exemple et modèle,
Oubliant Denonville et le fatal tillac,