VITZILIPUTZILI, le plus fameux des dieux du Mexique, y conduisit les Mexicains comme Jehovah conduisit les Hébreux. Les Mexicains, ainsi appellés de Mexi leur général, étaient d'abord des peuplades vagabondes. Ils firent une irruption sur les terres de certains peuples appellés Navatelcas, assurés du succès de leur dieu, qui marchait lui-même à leur tête, porté par quatre prêtres, dans un coffre tissu de roseaux. Les Mexicains avaient une immense étendue de pays à parcourir avant d'arriver à cette terre promise; mais enfin, Viziliputzili ordonna à Mexi d'asseoir son camp dans un endroit où l'on trouva un figuier planté dans un rocher, sur les branches duquel était perché un aigle tenant entre ses griffes un petit oiseau.

EXTRAIT DU PROSPECTUS.


M. D. disait dans le tome VIIIe de la Bibliothèque Canadienne: «Une Biographie des Américains Naturels, ou une Histoire des principaux Guerriers et Orateurs Sauvages de l'Amérique du Nord, sans y comprendre même le Mexique, ne serait pas un ouvrage dépourvu d'intérêt.» En effet, c'est bien d'une telle histoire que M. Dainville pouvait dire avec vérité, qu'elle est singulièrement riche en beautés effrayantes; que des guerres sans fin, des moeurs fortes, naïves, farouches, qui montrent à nu les traits primitifs de l'âme humaine, lui donnent un intérêt romanesque.

Le sort déplorable qui semble réservé à la plupart des tribus, prête à cette histoire un intérêt d'un autre genre: aussi longtemps qu'il en restera une seule sur ce vaste continent, elle sera méprisée et pourchassée; mais la dernière famille n'aura pas plutôt disparu, que les sentimens des hommes seront changés. Le philosophe regrettera de ne pouvoir converser avec une race d'hommes qu'il jugera la plus intéressante du globe; et le dessinateur, de ne pouvoir nous retracer des traits qui se sont effacés dans l'oubli. Adam Kidd a chanté en vers «le Chef Huron.» On offre maintenant une histoire; mais la nature l'a faite riche de la poésie des choses.

PREMIÈRE PARTIE


INTRODUCTION


Les anciens historiens font mention d'un grand nombre de peuples qui avaient habité une partie de l'ancien monde, et qui disparurent ce qui donna lieu de croire qu'ils n'existaient plus, qu'ils s'étaient éteints, comme Pline le jeune le suppose. La découverte du nouveau monde reproduit ces nations: il resterait à fixer leur origine étudiée par les Grotiue, les Lafitau, les Robertson, les Malte-Brun, les Chneider, et autres savans.