Mais de ce dieu qu'on calomnie
Ne crains pas l'empire éternel,
Contre ses loix, quoiqu'on publie.
L'hymen n'est point un dieu cruel.

L'homme, ce sultan formidable
Dont on vante la majesté,
A la voix d'une épouse aimable
Dépose toute sa fierté.

De ton seigneur, charmante amie,
Je veux bien être le garant,
L'époux de la douce Emilie
Sera toujours un tendre amant.

Le volage enfant de Cythère
Dont tu fus toujours le soutien
De peur d'exciter ta colère
N'osera pas trahir l'hymen.

Tu peux croire à de tels présages;
De ta gloire et de ton bonheur
Je vois trois infaillibles gages:
Tes yeux, les grâces et ton coeur.

(publié par M. Lucien Peise sous le titre Quelques vers de Maximilien Robespierre, Paris, Gougy, 1909, p. 23.)

- J'ai vu tantôt l'aimable Flore

J'ai vu tantôt l'aimable Flore,
Au plus beau des jours du printems
Donner la main à Terpsychore
Et la parer de ses présens.
Aussitôt j'ai vu sur leurs traces
Aux doux accords du violon,
La troupe légère des Grâces
Voler sur le tendre gazon.

De cette charmante alliance
Quelle main forma les doux noeuds?
De la vive gaieté d'Hortense
Reconnaissez l'ouvrage heureux,
Son air, sa grâce enchanteresse.
Son humeur aimable et riante;
Avec les jeux et la jeunesse
Près d'elle enchaîne le bonheur.

Par elle, la saison nouvelle
Emprunte un nouvel agrément.
La nature devient plus belle,
Le printems, paroît plus riant.
La beauté des présens de Flore,
Toujours contrainte à s'embellir
A la déesse qu'elle adore
Ravit l'hommage du zéphyr.