Mais en vain, négligeant ces armes
Elle est souvent rebelle aux lois.
Elle conserve assez de charmes
Pour nous vaincre à la fin du mois.
Au tribunal d'un juge inique
Notre bon droit fut rejeté
Mais il peut braver la critique;
Il est absout par la beauté.

De tout temps. Messieurs de justice,
Pour elle, furent indulgens.
Vénus reçoit leur sacrifice
Thémis a reçu leurs sermens.
Pour moi d'être vaincu par elle
Je me console avec raison
Vingt fois pour souper avec elle
Je veux payer le violon.

(publié par M. Lucien Peise sous le titre Quelques vers de Maximilien Robespierre, Paris, Gougy, 1909, p. 27.)

- A une beauté timide Air: Avec les jeux.

Quoi vous poussez la modestie
Jusques à la timidité!
Vous avez tort, jeune Sylvie (mot rayé dans le manuscrit: belle)
Vous avez tort en vérité,
Grâces et figure jolie
Esprit, coeur noble et généreux
Ne donnent-ils pas, je vous prie
Le droit de lever deux beaux yeux?

L'humble et charmante violette.
L'aimable fille du printems,
Sous le gazon, cache sa tête
Aux yeux des zéphirs caressans.
Mais souvent pour chercher sous l'herbe
Ses attraits doux et séduisans,
Zéphirs, de la rose superbe,
Quittent les charmes éclatans.

De la violette touchante
Vous avez toute la douceur.
De la Rose noble et brillante
Vous offrez le charme vainqueur.
Vous pourriez être la rivale
De l'aimable reine des fleurs;
Vous aimez mieux être l'égale
De la plus humble de ses soeurs.

(publié par M. Lucien Peise sous le titre Quelques vers de Maximilien Robespierre, Paris, Gougy, 1909, p. 21.)

- La rose Remerciements a MM. de la Société des Rosati. Air: Résiste-moi, belle Aspasie!…

Je vois l'épine avec la rose,
Dans les bouquets que vous m'offrez (bis);
Et, lorsque vous me célébrez,
Vos vers découragent ma prose.
Tout ce qu'on m'a dit de charmant,
Messieurs, a droit de me confondre:
La Rose est votre compliment,
L'Epine est la loi d'y répondre (bis).