Dans cette fête si jolie,
Règne l'accord le plus parfait (bis),
On ne fait pas mieux un couplet,
On n'a pas de fleur mieux choisie.
Moi seul, j'accuse mes destins
De ne m'y voir pas à ma place;
Car la Rose est dans nos jardins
Ce que nos vers sont au Parnasse.
A vos bontés, lorsque j'y pense,
Ma foi je n'y vois pas d'excès (bis);
Et le tableau de vos succès
Affaiblit ma reconnaissance,
Pour de semblables jardiniers,
Le sacrifice est peu de chose;
Quand on est si riche en lauriers,
On peut bien donner une Rose (bis).
(le manuscrit de cette chanson fut retrouvé dans les papiers de ce dernier, puis confié par Charlotte Robespierre à Laponneraye, pour la publication des oeuvres complètes de son frère, 1840, tome II, p. 480.)
Note : Cette pièce est attribuée par J. A. Paris et par Victor Barbier (Les Rosati p. 68) à Beffroy de Reigny; Arthur Dinaux et Jean-Bernard estiment qu'elle est bien l'oeuvre de Maximilien Robespierre;
- Couplets chantés En donnant le baiser à M. Foacier de Ruzé
On vous a présenté la rose;
L'offrande était digne de vous;
De cette fleur, pour nous éclose,
La beauté plaît aux yeux de tous.
De grand coeur vous prîtes ce verre
Rempli de Champagne joyeux;
Nul honnête homme sur la terre
Ne méprise ce don des cieux.
Avec la même confiance
Puis-je vous offrir mon présent?
C'est le sceau de notre alliance,
C'est un baiser qui vous attend.
Et c'est moi que la destinée
Appelle à cet emploi flatteur!
Et mon étoile fortunée
Etait d'accord avec mon coeur!
Mais pour donner une accolade
Qui, par un baiser précieux,
Puisse d'un pareil camarade
Marquer l'avènement heureux,
Il faut la bouche enchanteresse
De lune des soeurs de l'Amour,
Ou de cette jeune déesse
A qui vous donnâtes le jour.
Mais d'un mortel qui vous révère
Et vous chérit bien plus encor
Si l'hommage pouvait vous plaire,
Je remplirais mon heureux sort.
Seulement, par un doux sourire,
A cet instant, dites-le moi,
Et sans me le faire redire,
Soudain j'exécute la loi.
Non; certaine raison m'arrête,
Et, pour vous parler plus longtemps,
Du plaisir que le sort m'apprête
Je suspendrai les doux instants.
Car toujours, en vers comme en prose.
Je suis bavard en vous louant;
Pourriez-vous me dire la cause
De ce phénomène étonnant?