—Avec le secours d'un levier qui a souvent permis à des hommes sans valeur personnelle (et El-Sol n'est pas du nombre de ceux-là) d'accomplir de très-grandes choses, ou tout au moins de se donner l'air de les avoir accomplies, avec le secours de l'or.

—De l'or? et où donc a-t-il pris tout cet or? J'ai toujours entendu dire qu'il y en avait très-peu chez les Indiens. Les blancs les ont dépouillés de tout celui qu'ils pouvaient avoir autrefois.

—Cela est vrai, en général, et vrai pour les Maricopas en particulier… Il fut une époque où ils possédaient l'or en quantités considérables, et des perles aussi, recueillies au fond de la mer Vermeille. Toutes ces richesses ont disparu. Les révérends pères jésuites peuvent dire quel chemin elles ont pris.

—Mais cet homme? El-Sol?

—C'est un chef. Il n'a pas perdu tout son or. Il en a encore assez pour ses besoins; et il n'est pas de ceux que les padres puissent enjôler avec des chapelets ou du vermillon. Non; il a vu le monde, et a appris à connaître toute la valeur de ce brillant métal.

—Mais sa soeur a-t-elle reçu la même éducation que lui?

—Non; la pauvre Luna n'a pas quitté la vie sauvage; mais il lui a appris beaucoup de choses. Il a été absent plusieurs années, et, depuis peu seulement, il a rejoint sa tribu.

—Leurs noms sont étranges: le Soleil! la Lune!

—Ils leur ont été donnés par les Espagnols de Sonora; mais ils ne sont que la traduction de leurs noms indiens. Cela est très-commun sur les frontières.

—Comment sont-ils ici?