La plupart des chasseurs parurent être de ravis du second. Les Indiens, pensèrent-ils, ne pourraient manquer de remarquer un si grand nombre de traces de sabots enveloppés, et de flairer quelque chose en l'air. L'idée de tamponner les pieds des chevaux fut donc abandonnée. Mais que faire?
Le trappeur Rubé, qui jusque-là n'avait rien dit, attira sur lui l'attention générale par cette exclamation:
—Pish!
—Eh bien, qu'as-tu à dire, vieille rosse? demanda un des chasseurs.
-Que vous êtes un tas de fichues bêtes, tous tant que vous êtes. Je ferais passer autant de chevaux qu'il en pourrait tenir dans cette prairie à travers le sentier des Apaches sans laisser une trace que l'Indien le plus fin puisse suivre et particulièrement un Indien marchant à la guerre, comme ceux qui vont passer ici.
—Comment? demanda Séguin.
—Je vous dirai comment, capitaine, si vous voulez me dire quel besoin vous avez de traverser le chemin.
—Mais, c'est pour nous cacher dans les gorges du Pinon; voilà tout.
—Et comment rester cachés dans le Pinon sans eau?
—Il y a une source sur le côté, au pied de la montagne.