Cette question s'adressait à Rubé, qui était sérieusement occupé après une côte, et qui ne fit aucune réponse.
—Lui? allons donc, dit un autre, répondant à sa place; Rubé a mangé plus d'un bon morceau dans son temps. N'est-ce pas, Rubé?
—Oui, et si vous devez vivre dans la montagne aussi longtemps que l'Enfant, vous serez bien aise de n'avoir jamais à mordre dans une viande plus répugnante que la viande du loup; croyez-moi, mes petits amours.
—De la chair humaine, peut-être?
—Oui, c'est ce que Rubé veut dire.
—Garçons, dit Rubé sans faire attention à la remarque, et paraissant de bonne humeur depuis que son appétit était satisfait, quelle est la chose la plus désagréable, sans parler de la chair humaine, que chacun de vous ait jamais mangée?
-Eh bien, sans parler de la chair humaine, comme vous dites, répondit un des chasseurs, le rat musqué est la plus détestable viande à laquelle j'aie mis la dent.
—J'ai mangé tout cru un lièvre nourri de sauge, dit un autre, et je n'ai jamais rien trouvé d'aussi amer.
—Les hiboux ne valent pas grand-chose, ajouta un troisième.
—J'ai mangé du chince,[1] continua un quatrième, et je dois dire qu'il y a bien des choses qui sont meilleures.