Les chasseurs s'emparent des échelles. Avec celles du grand temple, ils sont bientôt en possession des autres. Ils courent de maison en maison et font sortir les habitants, qui poussent des cris d'épouvante. Dans quelques habitations, il y a des hommes, des guerriers traînards, des enfants et des dandys. Ceux qui résistent sont tués, scalpés et jetés par-dessus les parapets. Les habitants arrivent en foule devant le temple, conduits par les chasseurs: il y a des femmes et des filles de tous âges. Séguin les examine avec attention; son coeur est oppressé. À l'arrivée de chaque nouveau groupe, il découvre les visages; c'est en vain! Plusieurs sont jeunes et jolies, mais brunes comme la feuille qui tombe. On ne l'a pas encore trouvée. J'aperçois les trois captives délivrées près de leurs amis mexicains. Elles pourront peut-être indiquer le lieu où on peut la trouver.

—Interrogez-les! dis-je tout bas au chef.

—Ah! vous avez raison. Je n'y pensais pas. Allons, allons!

Nous descendons par les échelles, nous courons vers les captives. Séguin donne une description rapide de celle qu'il cherche.

—Ce doit être la reine des mystères, dit l'une.

—Oui! oui! s'écrie Séguin, tremblant d'anxiété, c'est elle; c'est la reine des mystères.

—Elle est dans la ville, alors, ajoute une autre.

—Où? où? crie le père hors de lui.

—Où?… où?… répètent les jeunes filles s'interrogeant l'une l'autre.

—Je l'ai vue ce matin, il y a peu d'instants, juste avant que vous n'arriviez.