—C'est un vin délicieux, monsieur Saint-Vrain! ça vaut presque les vins
Français.
—Il a raison, Haller! (tsap! tsap!) délicieux, vous pouvez le dire, mon cher Godé! (tsap! tsap!) Allons, buvez; cela va vous rendre fort comme un buffalo. Voyez, il pétille comme de l'eau de Seltz![1] comme fontaine qui bouille. Eh! Godé?
[Note 1: Nom d'une localité où il y a des eaux gazeuses, aux États-Unis.]
—Oui, monsieur; absolument comme fontaine qui bouille, parbleu! oui.
—Buvez, mon ami, buvez! ne craignez pas ce vin-là; c'est pur jus de la vigne. Sentez cela, humez ce bouquet. Dieu! Quel vin les Yankees tireront un jour de ces raisins du Nouveau-Mexique!
—Eh quoi? croyez-vous que les Yankees aient des vues sur ce pays?
—Si je le crois? je le sais. Et pourquoi pas! A quoi peut servir cette race de singes dans la création? uniquement à embarrasser la terre.—Eh bien, garçon, vous avez apporté le café?
—Ya, esta, señor.
—Allons, prenez-moi quelques gorgées de cette liqueur, cela vous remettra sur pied tout de suite. Ils sont bons pour faire du café, par exemple; les Espagnols sont passés maîtres en cela.
—Qu'est-ce que ce fandago dont Godé m'a parlé?