—Camarades! cria-t-il en voyant les captives montées sur les mules, et comprenant ce qui s'était passé. Il y a trop de captifs là. Sont-ce ceux que vous avez choisis? ajouta-t-il en se tournant vers le trappeur Rubé.
—Non, répondit celui-ci; les voilà. Et il montra le groupe qu'il avait placé à l'écart.
—Faites descendre ces femmes, alors, et placez vos prisonniers, sur les mules. Nous avons un désert à traverser, et c'est tout ce nous pourrons faire que d'en venir à bout avec ce nombre.
Puis, sans paraître remarquer les regards furieux de ses compagnons, il se mit en devoir, avec Rubé et quelques autres, d'exécuter l'ordre qu'il avait donné. L'indignation des chasseurs tourna en révolte ouverte. Des regards furieux se croisèrent, et des menaces se firent entendre.
—Par le ciel! cria l'un, j'emmènerai la mienne, ou j'aurai sa chevelure.
—Vaya! s'écria un autre en espagnol. Pourquoi les emmener? Elles ne seront que des occasions d'embarras, après tout. Il n'y en a pas une qui vaille la prime de ses cheveux.
—Prenons les cheveux, alors, et laissons les moricaudes! Proposa un troisième.
—C'est ce que je dis.
—Et moi aussi.
—J'en suis, pardieu!