On essaya plusieurs genres de pièges, mais sans succès. Les hyènes qui tombaient dans les fosses parvenaient à s'en échapper en sautant, et si elles étaient prises dans des nœuds coulants, elles s'en délivraient en coupant la corde avec leurs dents aiguës.
Enfin le porte-drapeau eut recours à un procédé très en usage parmi les boors de l'Afrique australe: le piège à détente. Ce mécanisme consiste invariablement dans un fusil dont la détente est mise en mouvement par une corde; mais il y a différentes manières de l'établir. En général, on attache l'appât à la corde: en voulant s'en emparer, l'animal tend cette corde et fait partir le coup. Malheureusement il n'arrive pas toujours qu'il soit placé en face du canon, et tantôt il n'est que légèrement blessé, tantôt il n'est pas même atteint.
Le piège à détente adopté dans le sud de l'Afrique est mieux combiné, et ses résultats sont plus certains. Il est rare que l'animal assez imprudent pour tirer la détente ne soit pas tué sur place, ou tellement maltraité qu'il va mourir à quelques pas plus loin.
Ce fut ce dernier mode que choisit Von Bloom.
Il avait remarqué près du camp trois jeunes arbres placés sur la même ligne, à environ trois pieds de distance les uns des autres.
Ces trois jeunes arbres faisaient son affaire. S'il ne les eût pas découverts, il aurait été obligé de planter solidement en terre trois pieux qui auraient également bien rempli ses intentions.
On coupa ensuite des broussailles épineuses, et l'on en construisit un kraal à la manière ordinaire, c'est-à-dire la cime des buissons tournée en dehors. La grandeur de l'enceinte étant sans importance, on ne se donna pas la peine d'y enfermer un vaste espace de terrain.
L'entrée fut placée entre deux des trois arbres, dont le troisième fut laissé en dehors. Tout animal qui voulait pénétrer dans l'enclos devait nécessairement prendre cette voie.
Il s'agissait de régler la position du fusil.
La crosse fut attachée solidement à l'arbre qu'on avait laissé en dehors de l'enceinte, et le canon assujetti contre celui des deux autres arbres qui en était le plus voisin.