Et, tirant son portefeuille, il brandit une liasse de bank-notes. Chatel lui demanda:
—Alors, il ne vous restera plus rien.
—Non.
—Comment vivrez-vous?
—Je ferai des exhibitions.
—Et si vous ne réussissez pas?
—Je réussirai. Prenez mes vingt mille francs et donnez-moi un aéroplane.
La casquette de Chatel dansait sur son front. C'est le signe, chez lui, d'une agitation intérieure. Je devinais un rapide combat entre sa générosité et son intérêt. Enfin il repoussa du geste la liasse que brandissait le petit homme:
—Eh non! Monsieur, gardez votre argent. Je n'en veux pas. Il ne sera pas dit que je vous aurai mis sur la paille pour vous refiler un appareil. Vous êtes des tas à croire que l'aviation mène à la fortune, et qu'il n'y a qu'à grimper dans un aéroplane pour décrocher le gros lot. Ce n'est pas si facile que ça. Voulez-vous me permettre de vous donner un conseil, Monsieur. Allez tailler des barbes et couper des cheveux. C'est plus sûr...