—Ah! ces enfants...

Quant au jeune Loulou, il rayonnait en reflet de la gloire fraternelle. Avoir une sœur aviatrice, c'est presque être aviateur. Et son regard interrogeait le hangar des «Victorine» où dormait l'appareil de Rémy Parnell. Son oreille épiait le bruit de la voiturette du héros. Mais les façades de bois restaient closes et l'air calme ne retentissait que de rares coups de marteau.

L'élégant pilote aurait-il oublié sa promesse? Impossible. Ou bien aurait-il renoncé à la tenir? Il en aurait averti. Popette commençait à trépider.

—Sûrement, me dit-elle, il va arriver quelque chose, un contretemps, un empêchement. Vous verrez que je ne monterai pas.

Son impatience et son désir étaient si vifs qu'elle imaginait la nature et le destin ligués contre elle, suscitant un cataclysme pour empêcher Popette de monter en aéroplane.

Déjà, du fond de son landau, la maman de Popette parlait de s'en retourner à la ville où l'attendait la corvée des malles à remplir. Le mobile visage de Loulou exprimait la plus âpre désillusion. Mais la voiturette de Rémy Parnell surgit sur la piste.

Popette courut à lui. Il la salua, puis au lieu de se diriger droit vers les hangars, il l'entraîna au large. Ils avançaient lentement, au hasard, à travers les prés. De loin, je ne distinguais pas leur mimique. Mais l'entretien semblait à la fois animé et cordial. Rémy Parnell s'excusait-il de son retard près de Popette? L'armait-il de suprêmes recommandations? Près du landau, nous agitions ces hypothèses.

Et tout à coup, retroussant sa jupe comme si elle s'apercevait seulement alors que l'herbe était trempée de rosée, Popette piqua droit sur nous. Elle exultait, elle éclatait, elle était lumineuse de bonheur. Et elle nous cria d'une voix de triomphe:

—Je ne monte pas!... Je ne monte pas en aéroplane!

Perdait-elle la tête? Je lui demandai: