Il faut divorcer le travail et l’ennui. C’est une union tellement admise, tellement étroite, que les enfants, lorsqu’on est parvenu à les instruire en les amusant, disent : « Ce n’est pas travailler, puisque ce n’est pas ennuyeux ». Quelle antique et terrible erreur !
Il faut faire impression sur l’enfant, et pour cela, le toucher, l’intéresser, l’amuser, piquer sa curiosité, frapper son imagination, émouvoir son cœur. Et il ne faut jamais l’ennuyer.
Rendons la science aimable, attrayante. Pour enseigner l’invention des ballons, par exemple, de vieilles estampes, de vieilles assiettes, fixeront mieux les souvenirs que de longs discours.
Pour amuser, on emploie des ruses. Ainsi, pour faire comprendre l’adaptation des organismes au milieu, on imagine un monde à 500 degrés, un monde de feu, où couleraient des fleuves d’étain, où pousseraient des plantes métalliques, où circuleraient des salamandres, où la vie aurait d’autres exigences que sur la terre.
On inventera une agriculture fantaisiste, où on ondulerait les champs pour leur donner plus de surface ; où on élèverait plusieurs étages de terre sur des charpentes métalliques, les plus bas pour la culture ombrée, les plus hauts pour la culture au soleil ; où on couperait les blés d’un seul coup, avec un fil rougi par l’électricité ; où on soutiendrait les épis, tentés de se coucher, par un treillage horizontal…