Il y a des vertiges qu’il est bon de donner, une sorte d’ivresse de l’imagination. Ainsi, songer que, peut-être, la terre n’est qu’un atome d’un monde énorme, qui lui-même n’est qu’une cellule dans l’infini… Ou bien, quelques personnes sont réunies dans un salon. Il faut se dire qu’il a existé, qu’il existe ou qu’il existera, sur un autre monde, une assemblée identique, où les mêmes personnes prononceront les mêmes paroles, feront les mêmes gestes. Pourquoi ? Parce que cette assemblée se compose d’un nombre fini de cellules. Et comme les cellules sont en nombre infini dans l’espace et le temps, elles ont réalisé et réaliseront à nouveau le groupement que représente cette assemblée. Et cette combinaison elle-même se renouvellera un nombre infini de fois…
Aux livres arides de physique, je préfère la « Science amusante », la science au foyer, ces petites expériences que certains auteurs ont réunies en série. Une fois que la curiosité est amorcée, il est temps d’évoquer les grandes et sèches lois générales. C’est une conclusion. D’ailleurs, n’est-on pas parti de l’expérience pour arriver aux lois ? Pourquoi ne pas suivre cette tendance naturelle ?
Ou bien on racontera des vies d’inventeurs. Il faut « s’amuser à faire de la physique ».
Pour les premiers éléments de chimie, comme pour la physique, il faut se placer au niveau de l’enfant, le frapper avec des expériences. Partir des petits faits de la vie, comme les mélanges réfrigérants, le vert-de-gris, la mousse du champagne, pour parvenir aux grandes lois générales.
Il faut, autant que possible, raconter des histoires. Que se rappelle une jeune fille à brevet de la chimie telle qu’elle l’a apprise ? Rien.
On ne répand pas assez les arts d’agrément, le dessin, la sculpture, le modelage. On ne fleurit pas assez la vie. Ces notions élémentaires devraient être diffusées, au lieu de rester le privilège d’une caste.