S’il était bien entendu, bien admis, que la discrétion humaine est toujours relative, qu’elle n’est jamais absolument étanche, imperméable, on n’aurait pas de déception chaque fois qu’on apprend une indiscrétion.

Et, de plus, on ne confierait à personne ce qu’on ne veut absolument pas divulguer.


Physiquement, on n’est pas toujours en beauté ; quand on bâille, on est laid. Eh bien, de même, on ne peut pas toujours être beau moralement. On a ses moments d’abandon, ses bâillements. Prenons-en bravement notre parti. Et ne soyons pas déçu de ces fléchissements de notre prochain.


Quand nous passons à la réalisation de nos projets, il se produit toujours une sorte de retrait analogue à celui du métal quand il se refroidit dans son moule. Nous pourrions, sans verser dans le pessimisme ni le scepticisme, nous éviter ces désillusions. Nous pourrions prévoir ce retrait, comme on prévoit celui du métal.

CHAPITRE IV
VUES MORALES

Les mains propres. — Le déterminisme. — La loi d’équilibre. — Le contrôle. — La bravoure. — La mort. — La religion.

Les mains propres.