A la lecture des faits-divers, on a conscience qu’un grand nombre de drames auraient pu être évités si, au préalable, on avait soigné mentalement le meurtrier. Car souvent on voit qu’il était en puissance de crime. Mais on ne soigne pas le cerveau, parce que c’est l’âme, l’intangible, le différent du corps.


Je crois que les hommes ne se disent pas d’avance : je vais être noir, je vais être fatal. Ils se laissent entraîner. Ils glissent au mal et au crime.


Pour se déterminer, il faut chercher la solution de moindre inconvénient. On ne peut pas toujours éviter de faire de la peine. Il faut faire la moindre peine.


Je suis très persuadé que les mots exercent une influence mécanique sur la pensée. J’entends par là que l’on contraint sa pensée à couler dans le moule des mots qu’on prononce. Elle prend leur empreinte. On pense comme on parle. Ainsi, en déterminisme, le simple artifice qui consiste à dire : « C’est de son fait », au lieu de : « C’est de sa faute », modifie la mentalité. L’emploi même de la formule efface de l’esprit l’idée de blâme, de responsabilité au sens religieux, d’expiation, la remplace par une constatation apaisée, sereine, où déjà se lève l’indulgence.

La loi d’équilibre.

La loi d’équilibre qui semble régir l’univers et suspendre les astres dans l’espace, cette même loi doit gouverner le détail de notre vie. Elle veut qu’à toute action corresponde une réaction égale. On ne dira plus : tout se paye. Mais peut-être dira-t-on : tout se compense. Il faut seulement que cette loi ait le temps de jouer.