Ne pas donner de religion, c’est les donner toutes.
Comment se dissimuler que la chrétienté ne règne ni sur tous les peuples ni sur tous les temps, qu’elle n’occupe qu’un fragment de la planète et qu’un moment de l’histoire ? Comment se dissimuler qu’il y a plus de quatre cents religions, que chacune dit : « Je suis la seule. Hors de moi, pas de salut. » N’a-t-on pas le droit de jeter ce regard d’ensemble sur notre petit globe ?
La foi n’est respectable que quand elle ne s’impose pas, quand elle n’enrôle pas par contrainte sous ses bannières ceux qui ne la partagent pas.
Que cherche-t-on à donner aux enfants ? Le bonheur. Être areligieux, cela leur enlève-t-il une chance de bonheur ? Non, du moment qu’on ne peut pas leur donner la foi opaque, la foi moyenâgeuse, que leur raison percerait.
Quand on discute avec un fervent catholique, quand on lui demande comment il croit être plus agréable à son Dieu en mangeant de la sarcelle que du poulet le vendredi, il refuse de s’expliquer et dit : « C’est un acte d’obéissance. Vous ne comprendriez pas. Il faut la grâce. Il faut la foi. » Soit. Mais quand on n’a pas cette foi dans le dogme, pourquoi en suivre les rites ?