—Parce que ...

Zonzon haussa ses rondes épaules sous leur étroite épaulette de dentelle:

—Ah! Toujours la même! Toujours fermée, toujours bouclée ... Dire qu’il m’a fallu chaque fois te cambrioler tes petits secrets! Tiens, tu me fais bouillir. Mais tu ne devrais pas en avoir pour moi, des secrets. Tu as beau aller sur tes vingt-deux ans, j’en ai toujours huit de plus que toi. Tu es toujours un peu ma petite, ma mioche. Tu sais bien que si je te presse, ce n’est pas par curiosité. C’est par intérêt, par tendresse. Voyons, voyons, Lucette. Personne ne t’écoutera mieux. Personne ne jasera moins. Et puis, c’est si bon de se débrider, de s’ouvrir. Allons, va ...

Inclinée sur Lucette, elle la dominait, essayait de la pénétrer. Ainsi rapprochées, elles apparaissaient à la fois pareilles et différentes. Et la lumineuse figure de Zonzon semblait penchée sur une eau profonde, qui lui eût renvoyé en reflet sa propre image, assombrie et mystérieuse.

A demi vaincue, Lucette murmura:

—J’ai peur que tu te moques ...

—Allons donc! Tu sais bien que non.

—Eh bien, je veux partir avant de ... m’attacher à quelqu’un ... A quelqu’un que je ne peux pas épouser.

—Qui? qui?

—Paul Duclos.