—Et comment qu'on appelle la plante?
Aïe! Voilà Claude pris au dépourvu. S'il ne témoigne pas d'une science imperturbable, le bateau va sombrer. Il s'agit de gagner du temps. Il cherche, tout en parlant:
—Comment? Tu ne devines pas?... Mais c'est évident, voyons... Comment appelles-tu la plante qui donne le café? Le caféier, n'est-ce pas? Pour la noix, le noyer. Eh bien! c'est la même chose pour l'auto. L'autoyer!
Ouf! Ça y est tout de même. Et pour réparer sa courte défaillance, Claude sort un argument décisif:
—D'ailleurs, tu connais la plante qui est dans le salon, dans un grand pot?
—Le caoutchouc?
—Là, tu vois, je ne te le fais pas dire. Il y a bien une plante qui donne du caoutchouc. Alors, si les pneus poussent sur un arbre, pourquoi veux-tu que ça ne soit pas pareil pour la voiture entière?
Cette fois, Lise est hors de combat. Ses derniers doutes s'évanouissent. Alors, timidement:
—Dis donc, si on essayait, nous?
Claude jubile. Mais il dissimule, afin de faire durer la plaisanterie. Et, détaché, supérieur: