26, Socrates.—Socrate était fils d’un sculpteur, profession qu’il exerça d’abord, puis abandonna vers 30 ans pour s’adonner aux sciences, Criton, un riche Athénien, lui ayant assuré à cet effet des moyens d’existence.—Dès lors, Socrate se donna la mission de réformer ses concitoyens et sa vie fut un véritable apostolat qu’il exerça uniquement par la parole, conversant avec les uns et les autres, procédant généralement par des interrogations qui, de réponses en réponses, amenaient ses adversaires à de ridicules absurdités, et ses disciples à découvrir par eux-mêmes les vérités qu’il voulait leur inculquer. Il ne tenait pas d’école proprement dite; on le rencontrait partout où se portait la foule, dans les assemblées du peuple, les fêtes, les gymnases, et tout servait de prétexte à son enseignement dans lequel il s’appliquait à faire ressortir les vertus (la prudence, la tempérance, la force, la justice), l’existence d’un Dieu, d’une Providence, l’immortalité de l’âme; à combattre les sophistes qui prétendaient tout savoir, leur opposant que quant à lui tout ce qu’il savait, c’est qu’il ne savait rien; à recommander la pratique du bien comme le plus sûr moyen d’arriver au bonheur, le respect des lois et leur observation comme un impérieux devoir.—Sa vie fut conforme à sa doctrine; il ne cessa de donner l’exemple de toutes les vertus publiques et privées, se signala par son désintéressement, sa générosité, son égalité d’humeur. Ses mœurs furent toujours irréprochables, et rien dans les accusations que ses ennemis portèrent contre lui n’en laisse soupçonner la pureté. Jamais il ne se départit d’une simplicité vraiment stoïque; il menait une vie frugale, allait toujours nu-pieds et ne se couvrait pas plus en hiver qu’en été.—Exact à remplir tous ses devoirs de citoyen aussi bien en guerre qu’en paix, Socrate se distingua par son courage en diverses occasions. Il avait 36 ans, quand Potidée se révolta et, réduite par la famine, fut prise après un siège de deux ans (434); il s’y fit remarquer par ses actions d’éclat, et céda à Alcibiade, qu’il avait arraché des mains de l’ennemi, le prix de la vaillance que lui-même avait mérité. Pendant ce siège, il demeura un jour et une nuit dans la même attitude, comme en extase, ce qui lui arrivait quelquefois. A la bataille de Délium, que les Athéniens perdirent contre les Thébains (424), il soutint pied à pied la retraite avec Lachez, jusqu’à ce que Xénophon, harassé de fatigue, étant tombé de cheval, il le prit sur ses épaules et le porta en lieu sûr. Il prit également part, en 422, à une expédition ayant pour objet de secourir Amphipolis, qui appartenait à Athènes et qu’assiégeait Brasidas, général de Lacédémone, qui y fut tué. De même en paix, notamment à l’occasion des affaires de Diomédon (V. N. I, 38: [Supplices]), et de Théramène (V. N. III, [544]). Par sa vie tout entière, Socrate mérita d’être proclamé le plus sage des hommes. Il se disait inspiré par un génie familier, qu’on a appelé «le Démon de Socrate», qui dirigeait sa conduite. Il ne semble pas que ce fût là une assertion ayant pour objet de donner plus de poids à ses conseils; ce devait être cette sensation intérieure qui chez l’homme à l’esprit juste et pénétrant, lui communique comme un pressentiment de ce qui doit arriver, avant même que son esprit ait pu saisir la justesse de cette inspiration.—La hardiesse et la continuité de ses censures indisposèrent à la longue ses concitoyens; dès l’an 424, Aristophane, dans sa comédie des «Nuées», l’avait vivement attaqué. Il finit par être accusé de corrompre la jeunesse, de ne pas admettre les divinités et de chercher à introduire des divinités nouvelles; en réalité il était poursuivi surtout parce qu’il était opposé au pouvoir démocratique. Devant ses juges, il garda l’attitude la plus fière et fut condamné à boire la ciguë; et vit l’exécution de la sentence différée durant trente jours, par suite du départ pour Délos de la galère y transportant la députation sacrée que les Athéniens envoyaient chaque année et jusqu’au retour de laquelle aucune exécution capitale ne devait avoir lieu. Pendant cette longue agonie il conserva un calme, une lucidité d’esprit, une égalité d’humeur inaltérables, et, le moment venu, subit son sort avec un courage et une sérénité admirables. Peu après, un revirement dans l’opinion se produisit: son principal accusateur fut condamné à mort et lapidé; les autres, condamnés à un bannissement perpétuel, se pendirent; un deuil universel fut ordonné et une statue lui fut érigée.—Socrate s’était marié à l’âge de cinquante ans; Xantippe, sa femme, passe pour avoir mis plus d’une fois, par son humeur acariâtre, sa patience à rude épreuve; on lui prête une seconde femme Mirto, mais l’accord n’existe pas sur ce point. Il semble avoir eu trois enfants, dont l’un, Lamproclès, pouvait avoir 17 à 18 ans quand il mourut, tandis que les deux autres, Sophroniscus et Menexanus, étaient encore en bas âge.—Parmi ses disciples et avec une foule d’autres, Socrate compte: Xénophon, Platon, Antisthène, Aristippe, Phédon, Euclide, Criton, pour ne nommer que ceux qui ont acquis le plus de notoriété.—Voir en outre le concernant: III, 690; I, 78; I, 124 et N. [Mort]; N. I, 254: [Vtilité]; N. II, 118: [Chrestiens]; II, 222 et N. [Sages]; II, 242 et N. [D’autrui]; II, 244 et N. [Fantasies]; II, 426; III, 134 et N. [Accoustumé].
27, Vie.—Tout le passage commençant par ces mots: «I’ay peur, Messieurs», et se terminant par ceux-ci: «craindre des Dieux», qui, dans la traduction, est mis entre guillemets, est extrait de l’Apologie de Socrate, dans Platon, ch. 17, 26, 32, etc., traduite par fragments par Cicéron dans les Tusc., I, 41.
30, Cachée.—Var. de 88: interne.
578,
19, Prytanée.—Édifice où, à Athènes, les Prytanes (magistrats chargés des affaires politiques et judiciaires) tenaient leurs séances; on y emmagasinait, en outre, des approvisionnements de blé et autres grains, et là également prenaient leurs repas certains citoyens nourris aux frais du trésor public.
23, Homere.—Odyssée, XIX, 163.
28, Desmettre.—Soumettre, abaisser.
580,
3, Dieux.—L’éd. de 88 aj.: Vous en ordonnerez doncq comme il vous plaira, membre de phrase qui dans l’éd. de 95 se lit à la page précédente, lig. 10.
3, Puerile.—Témoignant de sentiments d’une naïveté enfantine.