Que celuy ayme peu, qui ayme à la mesure, I, 330.

Vn galant homme n’abandonne point sa poursuite, pour estre refusé, pourueu que ce soit vn refus de chasteté, non de choix. Nous auons beau iurer et menasser, et nous plaindre: nous mentons, nous les en aymons mieux. Il n’est point de pareil leurre, que la sagesse, non rude, et renfrongnee, III, 218.

A quoy sert l’art de cette honte virginalle? cette froideur rassise, cette contenance seuere, cette profession d’ignorance des choses, que les femmes sçauent mieux, que nous qui les en instruisons, qu’à nous accroistre le desir de vaincre, gourmander, et souler à nostre appetit, toute cette ceremonie, et ces obstacles? La beauté, toute puissante qu’elle est, n’a pas dequoy se faire sauourer sans cette entremise, II, 436.

L’amour est vn commerce qui a besoin de relation et de correspondance. Les autres plaisirs que nous receuons, se peuuent recognoistre par recompenses de nature diuerse: mais cettuy-cy ne se paye que de mesme espece de monnoye, III, 282.

L’amour ne me semble proprement et naturellement en sa saison, qu’en l’aage voisin de l’enfance, III, 282.

C’est vne agitation esueillee, viue, et gaye. Elle n’est nuisible qu’aux fols, III, 276.

Vieux, nous demandons plus, lors que nous apportons moins. Nous voulons le plus choisir, lors que nous meritons le moins d’estre acceptez, III, 280.

Qui ne sçait en son eschole, combien on procede au rebours de tout ordre. L’estude, l’exercitation, l’vsage, sont voyes à l’insuffisance; les nouices y regentent. Sa conduicte a plus de galbe quand elle est meslee d’inaduertance, et de trouble: les fautes, les succez contraires y donnent poincte et grâce. Pourueu qu’elle soit aspre et affamee, il chaut peu, qu’elle soit prudente. Voyez comme il va chancelant, chopant, et folastrant. On le met aux ceps, quand on le guide par art, et sagesse. Et contraint on sa diuine liberté, quand on le submet à des mains barbues et calleuses, III, 284.

L’amour est vn desir forcené apres ce qui nous fuit. La iouïssance le perd, comme ayant fin corporelle et suiette à sacieté, I, 302.

L’amour n’est autre chose, que la soif de cette iouyssance en vn subiect désiré: plaisir que nature nous donne et qui deuient vicieux ou par immoderation, ou par indiscretion, III, 238.