CRITIQUE.

Ie trouue rude de iuger celui là, en qui les mauuaises qualitez surpassent les bonnes. Platon ordonne trois parties, à qui veut examiner l’ame d’vn autre: science, bienueillance, hardiesse, III, 624.

Il faict besoin d’oreilles bien fortes, pour s’ouyr franchement iuger. Et par ce qu’il en est peu, qui le puissent souffrir sans morsure: ceux qui se hazardent de l’entreprendre enuers nous, nous montrent vn singulier effect d’amitié. C’est aimer sainement, d’entreprendre à blesser et offencer, pour profiter, III, 624.

La verité mesme, n’a pas ce priuilege, d’estre employee à toute heure, et en toute sorte: son vsage tout noble qu’il est, a ses circonscriptions, et limites. Il aduient souuent, comme le monde est, qu’on la lasche, non seulement sans fruict, mais dommageablement, et encore iniustement, III, 626.

CROYANCE (RELIGION).

Quiconque est creu de ses presuppositions, il est nostre maistre et nostre Dieu: il prendra le plant de ses fondemens si ample et si aisé, que par iceux il nous pourra monter, s’il veut, iusques aux nuës, II, 300.

Il est bien aisé sur des fondemens auouez, de bastir ce qu’on veut; car selon la loy et ordonnance de ce commencement, le reste des pieces du bastiment se conduit aisément, sans se dementir. Par cette voye nous trouuons nostre raison bien fondée, et discourons à boule-veuë, II, 300.

Ce qui fait qu’on ne doubte de guere de choses, c’est que les communes impressions on ne les essaye iamais; on n’en sonde point le pied, où git la faute et la foiblesse: on ne debat que sur les branches: on ne demande pas si cela est vray, mais s’il a esté ainsin ou ainsin entendu. Ainsi se remplit le monde et se confit en fadeze et en mensonge, II, 298.

«Il est besoin que le peuple ignore beaucoup de choses vrayes, et en croye beaucoup de fausses», disoient Sceuola grand pontife et Varron grand theologien en leur temps, II, 290.

CRUAUTÉ.