Une édition de 1820, d’Amaury Duval; en tête de chaque chapitre se trouvent des sommaires détaillés, permettant d’en embrasser l’ensemble et de se retrouver dans ce dédale d’idées qu’est l’ouvrage; le texte est celui de 1595, mais l’orthographe est de convention.

Une de 1826, de J.-V. Leclerc, dans les mêmes conditions que la précédente.

Une de MM. Barckhausen et Dezeimeris (1873), donnant le texte original de l’édition première de 1580, avec les variantes de celles de 1582 et 1587.

Une de MM. Courbet et Royer (1872 à 1900), réédition de celle de 1595, remarquable par son exactitude et son exécution typographique, suivie d’une notice des plus complètes sur Montaigne, et d’un relevé des variantes des éditions de 1580, 1582, 1587, 1588 et du manuscrit de Bordeaux.

Une de MM. Motheau et Jouaust (1873-80), très soignée, éditée d’après l’édition de 1588 et donnant en notes toutes les variantes de celle de 1595 en respectant scrupuleusement l’orthographe de l’une et de l’autre.

Une dite «Edition municipale de Bordeaux», en cours de publication aux frais de cette ville qui en a confié l’exécution à M. Strozzi. Elle a pour base le texte de 1588, que suit celui de 1580, et en second lieu les additions et même les ratures manuscrites de l’exemplaire de Bordeaux, le tout imprimé avec des différences typographiques qui ne permettent aucune confusion.

A l’étranger, une de 1897, à laquelle un grand soin a été apporté; publiée à Londres, elle est une réédition d’une autre de 1603, la première en langue étrangère.

Celle-ci enfin, qui porte, en regard du texte de 1595, sa traduction en langage de nos jours, et dans un volume à part tous les renseignements propres à lui permettre, ainsi que son titre l’indique, de se suffire à elle-même.—Puisse le lecteur la lire avec le même intérêt que nous avons éprouvé à la composer et chacun réaliser le souhait qu’au début de ce siècle, Delille formait en parlant de Montaigne, dont en ces quelques vers il appréciait fort judicieusement l’œuvre:

Riche du fonds d’autrui, riche aussi par son fonds,

Fidèle à son caprice, infidèle à ses titres,