Qui abandonne en son propre, le sainement et gayement viure pour en seruir autruy, prent à mon gré vn mauuais et desnaturé party, III, 492.
Le viure, c’est seruir, si la liberté de mourir en est à dire, I, 630.
Qui ne vit aucunement à autruy, ne vit guere à soy, III, 490.
DIVERSION.
Peu de chose nous diuertit et destourne: car peu de chose nous tient. Nous ne regardons gueres les subiects en gros et seuls: ce sont des circonstances ou des images menues et superficielles qui nous frappent: et des vaines escorces qui reiallissent des subiects, III, 172.
DOULEUR.
La douleur ne tient qu’autant de place en nous, que nous luy en faisons, I, 456.
Tout ainsi que l’ennemy se rend plus aspre à nostre fuite, aussi s’enorgueillit la douleur, à nous voir trembler soubs elle. Elle se rendra de bien meilleure composition, à qui luy fera teste: il se faut opposer et bander contre, I, 456.
D’auantage cela nous doit consoler, que naturellement, si la douleur est violente, elle est courte: si elle est longue, elle est legere, I, 454.
Mon iugement m’empesche bien de regimber et gronder contre les inconuenients que Nature m’ordonne à souffrir, mais non pas de les sentir, III, 184.