Qu’elles se dispensent vn peu de la ceremonie, qu’elles entrent en liberté de discours sur l’amour, nous ne sommes qu’enfans au prix d’elles, en cette science. Oyez leur representer nos poursuittes et nos entretiens: elles vous font bien cognoistre que nous ne leur apportons rien, qu’elles n’ayent sçeu et digeré sans nous: il n’est ny parole, ny exemple, ny démarche qu’elles ne sçachent mieux que nos liures. C’est vne discipline qui naist dans leurs veines, que ces bons maistres d’escole, nature, ieunesse, et santé, leur soufflent continuellement dans l’ame. Elles n’ont que faire de l’apprendre, elles l’engendrent, III, 208.

Celle qui est eschappee bagues sauues, d’vn escolage libre, apporte bien plus de fiance de soy, que celle qui sort saine, d’vne escole seuere et prisonniere, III, 262.

A vne femme desraisonnable, il ne couste non plus de passer par dessus vne autre. Elles s’ayment le mieux où elles ont plus de tort. L’iniustice les alleche: comme les bonnes, l’honneur de leurs actions vertueuses, II, 42.

I’en ay veu, qui desrobboit gros à son mary, pour, disoit-elle à son confesseur, faire ses aulmosnes plus grasses. Fiez vous à cette religieuse dispensation, II, 36.

Il n’y a aucune d’elles, pour malotrüe qu’elle soit, qui ne pense estre bien aymable, et ne se recommande par son aage, ou par son poil, ou par son mouuement (car de laides vniuersellement, il n’en est non plus que de belles), III, 150.

Elles n’ont pas tort du tout, quand elles refusent les regles de vie, qui sont introduites au monde: d’autant que ce sont les hommes qui les ont faictes sans elles, III, 204.

Nos peres dressoient la contenance de leurs filles à la honte et à la crainte (les courages et les desirs tousiours pareils), nous à l’asseurance: nous n’y entendons rien, III, 262.

Vne femme estoit alors estimée assez sçauante, quand elle sçauoit mettre difference entre la chemise et le pourpoint de son mary, I, 216.

Les anciens Gaulois estimoient à extrême reproche d’auoir eu accointance de femme, auant l’aage de vingt ans: d’autant que les courages s’amollissent et diuertissent par l’accouplage des femmes, II, 28.

Ce n’est pas tant pudeur, qu’art et prudence, qui rend nos dames si circonspectes, à nous refuser l’entrée de leurs cabinets, auant qu’elles soyent peintes et parées pour la montre publique, II, 196.