Une édition des Essais de 1611, est la première qui soit ornée d’un portrait.

Armoiries.—«Ie porte d’azur semé de trefles d’or, à une pate de lyon de mesme, armée de gueules, mise en face» (liv. I, ch. 46, I, 514); ce qui, pour les profanes, se traduit de la sorte: Mon écusson est sur fond d’azur (bleu), semé de trèfles d’or (jaune); y figure une patte de lion de même couleur, armée de gueules (ayant les griffes rouges), mise en face (posée de face) et brochant sur le tout (allant d’un bord à l’autre de l’écusson); cette dernière indication n’est pas dans le texte, mais la disposition qu’elle marque existe.—Montaigne, à sa mort, n’ayant point d’héritier mâle, légua ses armes à Charron, l’auteur de la Sagesse, qui, en ses derniers ans, était devenu son ami et son disciple.

Signature.—Cette signature est le fac-similé de celle apposée sur une lettre adressée, le 21 mai 1582, par Montaigne aux jurats (sorte de conseillers municipaux) de Bordeaux, alors qu’il en était maire.

Il est à observer que l’n de son nom est supprimée, ce qui était assez fréquent dans la façon d’écrire de l’époque, quand dans la syllabe cette lettre était suivie d’une voyelle, ainsi qu’on peut voir sur la planche IV; elle se remplaçait alors par un trait sur la lettre précédente, trait qui dans sa signature se confondait avec la barre du t.

A la mort de son père, Montaigne devenu chef de famille a cessé, dans sa signature, de faire précéder son nom de son prénom, que ses frères, au contraire, continuèrent à apposer concurremment.

Prononciation du nom de Montaigne.—Se reporter à ce sujet à la note y afférente, I, 13, [Montaigne].

Planche II (IIe volume).

Plan et perspective du manoir de Montaigne au XVIIIe siècle et croquis topographique des environs.—Le manoir ou maison noble de Montaigne, sa «maison» comme il l’appelle, ne mérite le nom de château qu’on lui donne la plupart du temps, que depuis sa réfection à peu près complète vers 1860, et sa reconstruction totale, la tour exceptée, 1887.

Il est situé à environ 4 kil. N. de la route de Bergerac à Libourne par Castillon et de la Dordogne que longe cette route, et est distant de 20 kil. E. de Bergerac à l’O. et de 8 kil. de Castillon à l’E. Cet immeuble fait partie du territoire de la commune de S.-Michel-Montagne, appelée aussi Saint-Michel-Bonnefare (agglomération d’environ 400 habitants dont il est éloigné de 5 à 600m); cette commune qui relève du canton de Vélines, arr. de Bergerac, dép. de la Dordogne, est limitrophe du département de la Gironde.

Le manoir est construit sur un mouvement de terrain d’à peu près 70m d’élévation, à pentes moyennes, au pied duquel coule la Lidoire, petit affluent de la Dordogne; en ce point, la vallée est assez large et, de l’habitation dans la direction de N.-O., la vue s’étend assez loin sur les plaines du Périgord et du Bordelais. Suivant une description de 1778, quoique habité, il était, à cette époque, dans un état de délabrement complet; du reste, il n’avait jamais dû présenter rien de grandiose, ne devait d’avoir résisté à l’action du temps que grâce à la solidité de ses murs et n’était intéressant que par le souvenir de Montaigne.