Engagé dans les auenues de la vieillesse, ce que ie seray doresnauant, ce ne sera plus qu’vn demy estre: ce ne sera plus moy. Ie m’eschappe tous les iours, et me desrobbe à moy, II, 482.

A chaque minute, ie me rechante sans cesse, Tout ce qui peut estre faict vn autre iour, le peut estre auiourd’huy. Ce que i’ay affaire auant mourir, pour l’acheuer tout loisir me semble court, fust ce œuure d’vne heure, I, 118.

Ie me garderay, si ie puis, que ma mort die chose, que ma vie n’ayt premierement dit et apertement, I, 56.

La mort n’est qu’vn instant; mais il est de tel poix, que ie donneroy volontiers plusieurs iours de ma vie, pour le passer à ma mode, III, 450.

MORT (MAUX, SUICIDE, VIE).

Le premier iour de vostre naissance vous achemine à mourir comme à viure. Tout ce que vous viués, vous le desrobés à la vie: c’est à ses despens. Le continuel ouurage de vostre vie, c’est bastir la mort, I, 126.

La mort se mesle et confond par tout à nostre vie: le declin præoccupe son heure, et s’ingere au cours de nostre auancement mesme, III, 674.

Faictes place aux autres, comme d’autres vous l’ont faite. L’equalité est la premiere piece de l’equité. Qui se peut plaindre d’estre comprins où tous sont comprins? Aussi auez vous beau viure, vous n’en rabattrez rien du temps que vous auez à estre mort: c’est pour neant: aussi long temps serez vous en cet estat là, que vous craingnez, comme si vous estiez mort en nourrisse, I, 128.

Nul ne meurt auant son heure. Ce que vous laissez de temps, n’estoit non plus vostre que celuy qui s’est passé auant vostre naissance: et ne vous touche non plus, I, 128.

Le sault n’est pas si lourd du mal estre au non estre, comme il est d’vn estre doux et fleurissant, à vn estre penible et douloureux, I, 124.