De mon temps ie n’ay veu personne esleué par la fortune à quelque grandeur extraordinaire, à qui on n’ait attaché incontinent des tiltres genealogiques, nouueaux et ignorez à son pere, et qu’on ait anté en quelque illustre tige. Et de bonne fortune les plus obscures familles, sont plus idoynes à falsification. Combien auons nous de Gentils-hommes en France, qui sont de Royalle race selon leurs comptes? plus ce crois-ie que d’autres, I, 512.
Contentez vous de par Dieu, de ce dequoy nos peres se sont contentez: et de ce que nous sommes; nous sommes assez si nous le sçauons bien maintenir: ne desaduouons pas la fortune et condition de nos ayeulx, I, 512.
NOMS (NOBLESSE).
C’est vn vilain vsage et de tres-mauuaise consequence en nostre France, d’appeller chacun par le nom de sa terre et Seigneurie, et la chose du monde, qui faict plus mesler et mescognoistre les races, I, 512.
Ie sçay bon gré à Iacques Amiot d’auoir laissé dans le cours d’vn’ oraison Françoise, les noms Latins tous entiers, sans les bigarrer et changer, pour leur donner vne cadence Françoise, I, 510.
NOUVEAUTÉ.
Ie suis desgousté de la nouuelleté, quelque visage qu’elle porte; et ay raison, car i’en ay veu des effects tres-dommageables, I, 178.
Quand il se presente à nous quelque doctrine nouuelle, nous auons grande occasion de nous deffier, et de considerer qu’auant qu’elle fust produite, sa contraire estoit en vogue: et comme elle a esté renuersée par cette-cy, il pourra naistre à l’aduenir vne tierce inuention, qui choquera de mesme la seconde, II, 356.
OBÉISSANCE.
L’obeyssance n’est iamais pure ny tranquille en celuy qui raisonne et qui plaide, II, 508.