Le meilleur de nous ne craind point de l’outrager, comme il craind d’outrager son voisin, son parent, son maistre, II, 122.
Les vns font accroire au monde, qu’ils croyent ce qu’ils ne croyent pas. Les autres en plus grand nombre, se le font accroire à eux mesmes, ne sçachants pas penetrer que c’est que croire, II, 118.
Toutes polices ont tiré fruit de leur deuotion, II, 250.
La religion Chrestienne a toutes les marques d’extreme iustice et vtilité: mais nulle plus apparente que l’exacte recommandation de l’obeïssance du magistrat, et manutention des polices, I, 180.
Nostre religion n’a point eu de plus asseuré fondement humain, que le mespris de la vie, I, 124.
REPENTIR.
Le repentir n’est qu’vne desdicte de nostre volonté, et opposition de nos fantasies, qui nous pourmene à tout sens. Il faict desaduouër à celuy-là, sa vertu passee et sa continence, III, 114.
Le vice laisse comme vn vlcere en la chair, vne repentance en l’ame, qui tousiours s’esgratigne, et s’ensanglante elle mesme. Car la raison efface les autres tristesses et douleurs, mais elle engendre celle de la repentance: qui est plus griefue, d’autant qu’elle naist au dedans, III, 112.
Ie ne cognoy pas de repentance superficielle, moyenne, et de ceremonie. Il faut qu’elle me touche de toutes parts auant que ie la nomme ainsin: et qu’elle pinse mes entrailles, et les afflige autant profondement, que Dieu me voit, et autant vniuersellement, III, 126.
Si n’est-ce pas guerison, si on ne se descharge du mal. Si la repentance pesoit sur le plat de la balance, elle emporteroit le peché, III, 124.