Qui acquiert science, s’acquiert du trauail et tourment, II, 218.
Les difficultez et l’obscurité, ne s’apperçoyuent en chacune science, que par ceux qui y ont entree. Car encore faut il quelque degré d’intelligence, à pouuoir remarquer qu’on ignore: et faut pousser à vne porte, pour sçauoir qu’elle nous est close. D’où naist cette Platonique subtilité, que ny ceux qui sçauent, n’ont à s’enquerir, d’autant qu’ils sçauent: ny ceux qui ne sçauent, d’autant que pour s’enquerir, il faut sçauoir, dequoy on s’enquiert, III, 620.
Il se peut dire auec apparence, qu’il y a ignorance abecedaire, qui va deuant la science: vne autre doctorale, qui vient apres la science: ignorance que la science fait et engendre, tout ainsi comme elle deffait et destruit la premiere, I, 570.
Nous ne sommes, ce croy-ie, sçauants, que de la science presente: non de la passée, aussi peu que de la future, I, 210.
Qui fagoteroit suffisamment vn amas des asneries de l’humaine sapience, il diroit merueilles, II, 310.
Mais quand la science feroit par effect d’emousser et rabattre l’aigreur des infortunes qui nous suyuent, que fait elle, que ce que fait beaucoup plus purement l’ignorance et plus euidemment, II, 208.
Lors que les vrais maux nous faillent, la science nous preste les siens, II, 208.
Si ce que nous n’auons pas veu, n’est pas, nostre science est merueilleusement raccourcie, II, 136.
Nous sçauons dire, Cicero dit ainsi, voila les meurs de Platon, ce sont les mots mesmes d’Aristote: mais nous que disons nous nous mesmes? que faisons nous? que iugeons nous? Autant en diroit bien vn perroquet, I, 210.
Nous nous laissons si fort aller sur les bras d’autruy, que nous aneantissons nos forces, I, 212.