Il faut souffrir doucement les loix de nostre condition. Nous sommes pour vieillir, pour affoiblir, pour estre malades, en despit de toute medecine, III, 646.
Il y a en la vie plusieurs accidens pires à souffrir que la mort mesme, I, 630.
Tant les hommes sont accoquinez à leur estre miserable, qu’il n’est si rude condition qu’ils n’acceptent pour s’y conseruer, III, 24.
Les Stoiciens disent, que c’est viure conuenablement à Nature, pour le sage, de de se departir de la vie, encore qu’il soit en plein heur, s’il le faict opportunément: et au fol de maintenir sa vie, encore qu’il soit miserable, pourueu qu’il soit en la plus grande part des choses, qu’ils disent estre selon Nature, I, 632.
La loy de viure aux gens de bien, ce n’est pas autant qu’il leur plaist, mais autant qu’ils doiuent, III, 674.
C’est tesmoignage de grandeur de courage, de retourner en la vie pour la consideration d’autruy, comme plusieurs excellens personnages ont faict: et est vn traict de bonté singuliere, de conseruer la vieillesse, (de laquelle la commodité la plus grande c’est la nonchalance de sa durée, et vn plus courageux et desdaigneux vsage de la vie,) si on sent que cet office soit doux, aggreable, et profitable à quelqu’vn bien affectionné: c’est quelquefois magnanimité que viure, II, 676.
Au iugement de la vie d’autruy, ie regarde tousiours comment s’en est porté le bout, et des principaux estudes de la mienne, c’est qu’il se porte bien, c’est à dire quietement et sourdement, I, 106.
VIE PRIVÉE.
La forme de viure plus vsitée et commune, est la plus belle: toute particularité, semble à euiter: l’vsage publiq donne loy, III, 680.
C’est vne vie exquise, celle qui se maintient en ordre iusques en son priué, III, 114.