C’est agir, pour sa reputation, et proffit particulier, non pour le bien, de remettre à faire en la place, ce qu’on peut faire en la chambre du conseil: et en plain midy, ce qu’on eust faict la nuict precedente, III, 520.
L’innouation est de grand lustre. L’abstinence de faire, est souuent aussi genereuse, que faire: mais elle est moins au iour, III, 524.
Ie serois d’aduis qu’on estendist nostre vacation et occupation autant qu’on pourroit, pour la commodité publique: et ie trouue la faute en l’autre costé de ne nous y embesongner pas assez tost, I, 596.
Ie ne veux pas qu’on refuse aux charges qu’on prend, l’attention, les pas, les parolles, et la sueur, et le sang au besoing: mais c’est par emprunt et accidentalement; l’esprit se tenant tousiours en repos et en santé: non pas sans action, mais sans vexation, sans passion, III, 492.
Combien de gens se hazardent tous les iours aux guerres, dequoy il ne leur chault: et se pressent aux dangers des batailles, desquelles la perte, ne leur troublera pas le voisin sommeil, III, 492.
Qui se vante, en vn temps malade, comme cestuy-cy, d’employer au seruice du monde, vne vertu naifue et sincere: ou il ne la cognoist pas, les opinions se corrompans auec les mœurs, ou s’il la cognoist, il se vante à tort: et qu’il die, faict mille choses, dequoy sa conscience l’accuse, III, 468.
La plus part de noz vacations sont farcesques. Il faut iouer deuement nostre rolle, mais comme rolle d’vn personnage emprunté. Du masque et de l’apparence, il n’en faut pas faire vne essence réelle, ny de l’estranger le propre. Nous ne sçauons pas distinguer la peau de la chemise, III, 500.
Il faut apprendre à distinguer les bonnetades, qui nous regardent, de celles qui regardent nostre commission, ou nostre suitte, ou nostre mule, III, 500.
VIE SOCIALE.
Considerant la foiblesse de nostre vie, et à combien d’escueils ordinaires et naturels elle est exposée, on n’en deuroit pas faire si grande part à la naissance, à l’oisiueté et à l’apprentissage, I, 598.