Indiscrette nation. Nous ne nous contentons pas de faire sçauoir nos vices, et folies, au monde, par reputation: nous allons aux nations estrangeres, pour les leur faire voir en presence. Mettez trois François aux deserts de Lybie, ils ne seront pas vn mois ensemble, sans se harceler et esgratigner. Vous diriez que cette peregrination, est vne partie dressée, pour donner aux estrangers le plaisir de nos tragedies: et le plus souuent à tels, qui s’esiouyssent de nos maux, et qui s’en moquent, II, 576.
La naifueté et la verité pure, en quelque siecle que ce soit, trouuent encore leur opportunité et leur mise, III, 82.
C’est vn excellent moyen de gaigner le cœur et volonté d’autruy, de s’y aller soubsmettre et fier, pourueu que ce soit librement, et sans contrainte d’aucune necessité, et que ce soit en condition, qu’on y porte vne fiance pure et nette; le front au moins deschargé de tout scrupule, I, 198.
La crainte et la deffiance attirent l’offence et la conuient, I, 196.
Le monde n’est que babil, et ne vis iamais homme, qui ne die plustost plus, que moins qu’il ne doit, I, 272.
On ne parle iamais de soy, sans perte. Les propres condemnations sont tousiours accreuës, les louanges mescruës, III, 332.
La plus honorable vacation, est de seruir au publiq, et estre vtile à beaucoup, III, 390.
La plus heureuse occupation à chascun, faire ses particuliers affaires sans iniustice, III, 394.
Vn honneste homme n’est comtable du vice ou sottise de son mestier; et ne doit pourtant en refuser l’exercice. C’est l’vsage de son pays, et il y a du proffit. Il faut viure du monde, et s’en preualoir, tel qu’on le trouue, III, 500.
Pour estre aduocat ou financier, il n’en faut pas mescognoistre la fourbe, qu’il y a en telles vacations, III, 500.