14, Conduire.—Si Montaigne eût vécu de notre temps, il eût pu ajouter: «Quant à ceux, si nombreux aujourd’hui, qui font profession d’écrire sur tout, leur style est souvent leur seul mérite; la plupart du temps il n’y a rien à puiser dans leurs écrits; bien plus, il faut s’en défier. Ne connaissant rien à fond de ce dont ils parlent, ils ne peuvent en juger que superficiellement: la compétence leur fait défaut, si grande que soit leur assurance, sans compter qu’ils n’ont pas plus souci de la vérité et de l’exactitude, que du mal qu’ils font sciemment ou inconsciemment.»

16, Langey.—Guillaume du Bellay, seigneur de Langeais.

23, Soldats.—«Et subjects». Add. des éd. ant. et de l’ex. de Bordeaux.

27, Batteau.—En 1536. Ce consistoire ne fut à proprement parler qu’une audience publique du Pape, où l’Empereur arriva inopinément, mais avec l’idée préméditée d’y défier François Ier. Ce défi était un des trois moyens qu’il suggérait pour terminer leurs différends: la guerre, l’accession à ses revendications, le combat singulier; les duchés de Bourgogne et de Milan, qu’il réclamait, devaient être dans ces diverses éventualités le prix du vainqueur. Du Bellay, V.—Quel malheur que les chefs d’États ne règlent pas toujours leurs différends en combat singulier, comme le proposait Charles-Quint, au lieu de recourir à la guerre! ce serait au moins un cas où le duel aurait du bon et il n’en serait pas pour cela beaucoup plus fréquent.

96,

13, Subiection.—Pensée traduite d’Aulu-Gelle, I, 13, auquel est aussi emprunté le fait suivant.

14, Heureux.—Parce qu’il était très riche, très noble, très éloquent, fort savant sur le droit et souverain pontife. Aulu-Gelle.

37, Decret.—Cette observation de Montaigne est juste. C’est ainsi qu’à la guerre, il est de principe que celui qui est sur place est maître absolu de ses faits et gestes, tout en se conduisant, dans les limites du possible, suivant les instructions qu’il a reçues; et c’est à l’inobservation de cette règle que, dans la deuxième partie du XVIIIe siècle, les armées autrichiennes, recevant leur direction du Conseil aulique siégeant à Vienne, ont dû d’éprouver de nombreux revers. Le maréchal Pélissier, à Sébastopol, en 1855, harcelé par les recommandations et instructions qui lui venaient pareillement de Paris, y mit fin en menaçant de couper le cable télégraphique qui le reliait à ceux qui avaient la prétention de le tenir ainsi en lisière. Ceci nous amène à cette question si délicate de l’emploi souvent abusif qui est fait de l’armée en temps de paix et des droits et devoirs de chacun en pareil cas:

«On ne peut commander et on ne doit obéir que pour le bien du service et l’exécution des règlements militaires; cette règle régit tous les échelons, y compris le Ministre de la guerre et le Gouvernement lui-même.

«L’obéissance indiscrète outrepasse les ordres; l’obéissance imparfaite s’y tient strictement; l’obéissance parfaite obéit en tout ce qui est permis; or, il n’est permis à personne, non plus qu’au Gouvernement et à ses représentants, d’enfreindre les lois fondamentales de l’humanité, de rien faire au delà des limites assignées par les règlements, ni au delà de ce que permet l’honneur.